S’Ardia de San Costantino à Sedilo 2027

S’Ardia de San Costantino est la course à cheval la plus folle de Sardaigne : des centaines de cavaliers dévalent une colline au grand galop, entre coups de feu et nuages de poussière, pour défendre la bannière du saint. Elle se déroule à Sedilo, un village du Guilcer, au centre-ouest de l’île (province d’Oristano), autour du sanctuaire de San Costantino qui domine le lac Omodeo. En 2027, la course a lieu au coucher du soleil le 6 juillet et à l’aube le 7 juillet.
Histoire et signification de l’Ardia
En sarde, ardia signifie « garde » ou « escorte ». La course rappelle la bataille du pont Milvius, en 312, quand l’empereur Constantin vainquit Maxence après avoir vu le signe de la croix dans le ciel. Le cavalier de tête représente Constantin et son armée ; ceux qui le poursuivent figurent les troupes païennes de Maxence. Le chef de course ne doit jamais être dépassé : ce serait la défaite de la foi chrétienne.
À Sedilo, Constantin est affectueusement appelé Santu Antinu. Son culte y est très ancien et populaire : l’Église catholique ne l’a jamais inscrit à son calendrier des saints, mais pour les habitants du Guilcer il est un protecteur puissant à qui l’on fait des vœux.
Le sanctuaire de San Costantino a des origines très anciennes ; l’église actuelle date du XVIe siècle, de style gothique catalan avec une façade en trachyte rouge, et fut remaniée au XVIIIe siècle. Tout autour s’alignent les cumbessias, petites maisons qui accueillaient autrefois les pèlerins pendant la neuvaine.
Le déroulement de l’Ardia : les courses des 6 et 7 juillet
Sa prima pandela et les escortes
Le curé confie la bannière du saint, sa pandela, au cavalier qui mènera la course : sa prima pandela. C’est lui qui choisit les deuxième et troisième porte-drapeaux et leurs escortes, des cavaliers en chemise blanche chargés de protéger les bannières et de tenir les poursuivants à distance.
La descente depuis Su Frontigheddu
L’après-midi du 6 juillet, les cavaliers se rassemblent au village devant la maison du curé, puis montent au pas jusqu’à Su Frontigheddu, une butte rocheuse au-dessus du vallon du sanctuaire, où se presse aussi le public. Puis, sans prévenir, sa prima pandela s’élance au galop et tous les autres dévalent la pente derrière lui, entre les coups à blanc des tireurs et la poussière. La course passe sous l’étroit arc de pierre qui donne accès à l’enceinte du sanctuaire, l’un des points les plus spectaculaires et les plus dangereux.
Les tours autour du sanctuaire
Arrivés à l’église, les cavaliers font sept fois le tour du sanctuaire, puis repartent vers sa muredda, une esplanade circulaire entourée d’un muret avec une croix au centre. Tout le rituel se répète à l’aube du 7 juillet ; l’après-midi du même jour a lieu une procession en l’honneur du saint. Le deuxième dimanche après l’Ardia, le même parcours est refait à pied.

Que manger à Sedilo et dans le Guilcer
Pendant la fête, on mange à Sedilo comme lors de toute grande fête de village sarde : viandes rôties, saucisse, pecorinos, pane carasau (le pain plat et croustillant de l’île) et douceurs aux amandes. Le Guilcer touche le massif du Montiferru, réputé pour ses produits d’excellence : le casizolu, fromage à pâte filée au lait de vache, la viande de bœuf rouge local et une huile d’olive très appréciée. De parfaits souvenirs, tout comme un vin de la région ou une bouteille de Vernaccia di Oristano.
Que voir autour de Sedilo
La campagne de Sedilo regorge d’archéologie. Au bord du lac Omodeo se trouve le complexe nuragique d’Iloi, avec un nuraghe à plusieurs tours (une tour de pierre de l’âge du bronze), un village et deux « tombes de géants ». Tout près, la source sacrée de Puntanarcu et la nécropole d’Ispiluncas, avec une trentaine de domus de janas, des tombes creusées dans la roche à l’époque prénuragique. Le lac Omodeo, plus grand lac artificiel de Sardaigne, se prête aux balades à pied ou à vélo dans la fraîcheur du soir.
Dans les villages voisins, faites un détour par le nuraghe Losa d’Abbasanta, l’un des mieux conservés de l’île, la maison-musée d’Antonio Gramsci à Ghilarza, l’ensemble de Santa Sabina à Silanus avec son nuraghe et sa chapelle byzantine, les thermes romains de Fordongianus et le puits sacré de Santa Cristina à Paulilatino.
Comment venir à Sedilo et conseils pratiques
Sedilo se trouve au cœur de l’île, près de la voie rapide qui relie Abbasanta à Nuoro et Olbia. Depuis Oristano, comptez environ 40 minutes de voiture ; depuis les aéroports de Cagliari, d’Alghero ou d’Olbia, environ une heure et demie, parfois un peu plus. Les ferries arrivent à Olbia, Porto Torres et Cagliari. Sans voiture, le village est difficile d’accès : mieux vaut en louer une.
- Sécurité : l’Ardia est magnifique mais réellement dangereuse. Restez toujours dans les zones réservées au public, suivez les consignes du service d’ordre et ne vous approchez jamais du parcours des chevaux. Avec de jeunes enfants, choisissez un point en hauteur, loin du passage.
- Horaires : arrivez tôt pour trouver une place sur Su Frontigheddu ; pour la course de l’aube du 7 juillet, il faut être sur place quand il fait encore nuit. Vérifiez les horaires auprès de la paroisse et de la mairie de Sedilo.
- Tenue : en juillet il fait très chaud et il y a beaucoup de poussière : chapeau, eau, chaussures fermées et un foulard pour la bouche et le nez.
- Hébergement : peu de lits au village ; pensez à Ghilarza, Abbasanta ou Oristano.
Questions fréquentes sur l’Ardia de Sedilo
Quand a lieu l’Ardia de Sedilo en 2027 ?
Au coucher du soleil le 6 juillet 2027 et à l’aube le 7 juillet 2027, autour du sanctuaire de San Costantino.
Que signifie « Ardia » ?
En sarde, « garde » ou « escorte » : les cavaliers escortent la bannière du saint, qui représente l’armée de Constantin.
Qui choisit le chef de course ?
Le curé de Sedilo remet la bannière à sa prima pandela, qui choisit ensuite les deuxième et troisième porte-drapeaux et les escortes.



