Sartiglia d’Oristano 2027

La Sartiglia d’Oristano est la joute équestre qui clôt chaque année le carnaval de cette ville de la côte ouest de la Sardaigne : cavaliers masqués lancés au galop, rites séculaires et acrobaties à couper le souffle. En 2027, elle a lieu le dimanche de carnaval 7 février et le mardi gras 9 février, dans le centre historique d’Oristano. Si vous êtes en Sardaigne en hiver, c’est le rendez-vous à ne pas manquer.
Histoire et signification de la Sartiglia
La Sartiglia descend des jeux d’entraînement militaire pratiqués par les chevaliers dans l’Europe médiévale, qui devaient frapper une cible au galop. À Oristano, les plus anciens documents des archives municipales datent du milieu du XVIe siècle, à l’époque de la domination espagnole, et le nom vient du castillan sortija, « anneau » : la cible d’origine était un anneau, remplacé plus tard par une étoile. Le mot évoque aussi le latin sors, « le sort », car la joute est avant tout un rite de bon augure.
La fête est organisée par deux anciennes corporations de métiers, les gremi : la corporation des paysans (Gremio dei Contadini), liée à saint Jean-Baptiste, s’occupe de la course du dimanche, et celle des menuisiers (Gremio dei Falegnami), liée à saint Joseph, de celle du mardi. Tout commence le 2 février, jour de la Chandeleur, lorsque chaque corporation désigne son su Componidori, le chef de course, en lui remettant un cierge béni.
Le sens de la fête est agricole : plus les cavaliers décrochent d’étoiles, plus la récolte sera abondante.
Que voir à la Sartiglia 2027
L’habillage de su Componidori
La journée commence au siège de la corporation avec la vestizione, l’habillage. Su Componidori monte sur une table, sa mesitta, et ne doit plus toucher le sol jusqu’au soir. Des jeunes femmes en costume, les massaieddas, lui cousent sur le corps chemise, voile et chapeau, puis lui posent un masque de bois au visage énigmatique, ni masculin ni féminin. Les deux journées se distinguent par les couleurs : le masque des paysans est plus foncé, avec des rubans rouges, celui des menuisiers est pâle comme la cire, avec des rubans roses et bleus. On lui confie enfin sa pipia de maiu, un sceptre de violettes et de pervenches avec lequel il bénit la foule.
La course à l’étoile
Escorté de tambours et de trompettes, le cortège rejoint la piste de la via Duomo, au pied de la cathédrale. Au milieu du parcours, une étoile de métal pend à un ruban vert. Su Componidori s’élance le premier pour tenter de l’embrocher avec son épée, suivi des cavaliers qu’il désigne lui-même, à commencer par ses deux seconds, su segundu et su terzu componi. Il tente ensuite une dernière fois sa chance avec le stocco, une lance en bois.
Sa remada et les pariglie
La course se termine par sa remada : su Componidori parcourt la piste allongé sur le dos de son cheval, bénissant le public. L’après-midi, la fête se déplace via Mazzini pour les pariglie, des équipes de trois cavaliers galopant côte à côte et réalisant des acrobaties debout sur leurs montures. Au coucher du soleil, le masque est retiré au siège de la corporation et le « demi-dieu » redevient un homme.

Que manger à Oristano pendant le carnaval
Le carnaval d’Oristano sent la friture : les zippulas, beignets sucrés, se vendent partout pendant la Sartiglia. La ville est aussi connue pour ses mustazzolus, biscuits glacés, et pour la Vernaccia di Oristano, un vin ambré proche du xérès produit dans la vallée du Tirso. De la lagune voisine de Cabras viennent le mulet et la poutargue (bottarga) – un excellent souvenir gourmand, tout comme un pecorino sarde ou une bouteille de Vernaccia.
Que voir à Oristano et dans la péninsule du Sinis
Le centre historique se visite facilement à pied : la cathédrale Santa Maria Assunta et son clocher à bulbe, la tour de Mariano II, vestige des remparts médiévaux, et la place Eleonora d’Arborea, dédiée à la souveraine qui promulgua au XIVe siècle le code de lois Carta de Logu. Aux portes de la ville se dresse la basilique romane de Santa Giusta, au bord de son étang.
À l’ouest s’étend la péninsule du Sinis : les ruines phéniciennes et romaines de Tharros, l’église paléochrétienne de San Giovanni di Sinis, des plages de grains de quartz comme Is Arutas et, à Cabras, le musée qui expose les Géants de Mont’e Prama, des statues nuragiques en pierre parmi les plus anciennes de Méditerranée occidentale. En février, le Sinis est calme et lumineux : idéal pour le lundi entre les deux courses.
Comment venir et conseils pratiques
Oristano se trouve sur la voie rapide SS131 qui traverse l’île du sud au nord. Depuis l’aéroport de Cagliari, comptez environ une heure et quart de voiture ; depuis ceux d’Alghero ou d’Olbia, environ deux heures. La ville dispose aussi d’une gare sur la ligne reliant Cagliari au nord de l’île. Si vous arrivez en ferry, les ports les plus proches sont Cagliari, Porto Torres et Olbia.
- Tribunes : les places assises le long de la via Duomo et de la via Mazzini sont payantes et partent vite ; réservez tôt via les canaux officiels de la Sartiglia.
- Horaires : l’habillage a généralement lieu vers midi et la course en début d’après-midi, mais vérifiez chaque année le programme officiel.
- Tenue : février peut être venteux et humide, prévoyez une veste chaude et des chaussures confortables.
- Hébergement : les chambres en ville sont vite prises ; pensez à Cabras, Santa Giusta ou la côte du Sinis.
Questions fréquentes sur la Sartiglia
Quand a lieu la Sartiglia 2027 ?
Le dimanche 7 février 2027 (corporation des paysans) et le mardi gras 9 février 2027 (corporation des menuisiers).
Qui est su Componidori ?
C’est le chef masqué de la Sartiglia, choisi par sa corporation le jour de la Chandeleur. Il ouvre la course à l’étoile, bénit la foule et ne touche jamais le sol entre l’habillage et le déshabillage.
Pourquoi les cavaliers visent-ils une étoile ?
C’est un rite de bon augure : selon la tradition, plus on décroche d’étoiles, plus l’année agricole sera féconde.
Source: www.sardegnaturismo.it



