Sud-Ouest · Provincia del Sulcis Iglesiente

Que faire à Sant'Antioco

Que faire à Sant'Antioco en Sardaigne : catacombes, Tophet, village souterrain, plages de Maladroxia et Cala Sapone, bateau, soie de mer et Sagra.

Sant'Antioco, Sardegna
© Alex10 · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0

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Sant'Antioco est la principale localité de l'île du même nom, la plus grande de l'archipel du Sulcis, au sud-ouest de la Sardaigne, reliée à la terre ferme par un isthme carrossable. C'est l'une des plus anciennes villes de Méditerranée occidentale : les Phéniciens y fondèrent Sulky il y a près de trois mille ans, et la ville actuelle est littéralement bâtie sur ses nécropoles. Elle réunit une archéologie de premier plan, une côte découpée de criques et de falaises, des salines, des traditions maritimes vivantes et l'art rare de la soie de mer. Idéale pour les amoureux d'histoire, de mer authentique et d'une île encore loin du tourisme de masse.

Que voir à Sant'Antioco

Basilique Sant'Antioco Martire et catacombes

Au cœur de la ville se dresse la basilique Sant'Antioco Martire, église d'origine paléochrétienne dédiée au saint qui, selon la tradition, fut martyrisé ici au IIe siècle. Sous l'église s'ouvrent les catacombes, les seules de Sardaigne : d'anciennes tombes puniques réaménagées par les premiers chrétiens en un réseau de galeries et de chambres funéraires. L'église a été élevée au rang de basilique mineure en 1991.

Le Tophet et la nécropole punique

Le Tophet est un sanctuaire phénico-punique à ciel ouvert, sur un affleurement de roche volcanique, où l'on déposait les urnes contenant les cendres des enfants morts en bas âge. La nécropole punique, sur la colline de la ville, compte de nombreuses tombes à chambre creusées dans la roche. Du XVIIIe siècle jusqu'au siècle dernier, certaines servirent d'habitations aux familles les plus pauvres : c'est le villaggio ipogeo (village souterrain), dont les gruttas (grottes) se visitent aujourd'hui.

Musée archéologique « Ferruccio Barreca »

Le musée archéologique Ferruccio Barreca retrace l'histoire de l'île de la préhistoire à l'époque romaine : céramiques, stèles du Tophet, bijoux, sculptures et mosaïques. C'est là qu'on mesure l'importance de Sulky, l'une des cités les plus riches de la Sardaigne antique.

Les musées de la tradition

Sant'Antioco possède aussi de petits musées sur la vie d'autrefois : le musée ethnographique Su Magasinu 'e su Binu (« le magasin à vin »), avec les outils du travail paysan ; le Museo del Bisso, qui explique le travail de la « soie de mer » ; et le MuMa, musée de la Mer et des Maîtres charpentiers de marine, consacré à la pêche et à la construction de bateaux en bois.

Pont romain, Forte Su Pisu et Grutti 'e Acqua

À l'entrée de l'île, près de l'isthme, se trouve le pont romain. Au-dessus de la ville domine le Forte Su Pisu, construit en 1812, et sur la côte s'élève la Torre Canai (1757). À l'intérieur de l'île, le complexe nuragique de Grutti 'e Acqua, avec un nuraghe à plusieurs tours et un grand village, témoigne d'une présence humaine bien antérieure aux Phéniciens.

Que faire à Sant'Antioco

La plus belle façon de découvrir l'île, c'est depuis la mer : lors d'une sortie en bateau, vous longez falaises, grottes et criques accessibles seulement par l'eau, jusqu'aux îlots du Toro, de la Vacca et du Vitello, où niche le faucon d'Éléonore. Les eaux limpides et les fonds rocheux sont idéaux pour le snorkeling et la plongée, et la côte la plus abritée se prête au kayak et au paddle. Sant'Antioco conserve l'une des traditions de voile latine les plus vivantes de Sardaigne : naviguer sur un bateau à voile latine est une expérience rare.

À terre, vous pouvez parcourir à pied ou à vélo les routes panoramiques vers le sud de l'île, observer les oiseaux des salines et de la lagune (où l'on voit souvent des flamants roses), suivre des visites guidées du Tophet, de la nécropole et des catacombes, ou participer à des ateliers de tissage et à des dégustations de Carignano.

Les expériences proposées par les prestataires de Sant'Antioco sont juste en dessous : choisissez votre sortie en bateau, votre balade à vélo ou votre visite archéologique et réservez directement auprès d'eux.

Plages de Sant'Antioco

  • Maladroxia : la plage la plus connue, dans une baie abritée au sable clair avec un petit port ; des sources thermales marines y jaillissent. Adaptée aux familles.
  • Coaquaddus : vaste plage de sable sur la côte sud, eau transparente et vue sur les îlots .
  • Cala Sapone : petite crique entre des rochers rougeâtres sur la côte ouest, eau cristalline et couchers de soleil superbes ; excellente pour le snorkeling.
  • Portu Sciusciau et Is Praneddas : anses rocheuses et sauvages ; près d'Is Praneddas se trouve l'Arco dei Baci (« arche des Baisers »), une arche naturelle de roche sur la mer.
  • Spiaggia dell'Istmo : longue bande de sable côté lagune, à l'entrée de l'île, pratique et peu profonde.

La côte ouest est plus sauvage et exposée au mistral : les jours de vent, préférez Maladroxia ou les plages du versant est.

Histoire

L'île était déjà habitée à l'époque nuragique, comme le montre Grutti 'e Acqua. Dans la première moitié du VIIIe siècle av. J.-C., des marchands phéniciens fondèrent Sulky, l'une des premières villes de Méditerranée occidentale. À la fin du VIe siècle av. J.-C., elle passa sous Carthage ; en 258 av. J.-C., près des îlots de la Vacca et du Toro, se déroula la bataille de Sulci, remportée par la flotte romaine. Sous Rome, à partir de 238 av. J.-C., Sulci prospéra comme port riche et important ; César lui infligea une lourde amende en 46 av. J.-C. pour avoir soutenu Pompée. Selon la tradition, Antiochus, médecin venu d'Orient, y fut martyrisé au IIe siècle apr. J.-C. et donna ensuite son nom à l'île. Après les Byzantins, les raids sarrasins vidèrent la région pendant des siècles et le siège épiscopal fut transféré à Tratalias. Le repeuplement eut lieu au XVIIIe siècle sous la maison de Savoie, surtout avec des familles d'Iglesias ; au XXe siècle, le port devint important pour le charbon des mines voisines du Sulcis.

Que manger et que rapporter

La cuisine est marine : poisson frais, fruits de mer, langouste, poutargue (bottarga) et le thon réputé du Sulcis. Les vignes de l'île, souvent sur des sols sableux, donnent le Carignano del Sulcis, un rouge robuste et parfumé à savourer avec des fromages de brebis et du pain maison. Pour la fête du saint, on prépare les coccòi de su Santu, pains blancs décorés avec un grand soin. À rapporter : tapis et tissus tissés au métier, objets liés au byssus (la « soie de mer » tirée des filaments de la Pinna nobilis, aujourd'hui espèce protégée), sel des salines, vin Carignano et poutargue.

Fêtes et traditions

La fête majeure est la Sagra di Sant'Antioco, quinze jours après Pâques : des groupes en costume arrivent de toute la Sardaigne, la ville s'emplit de processions, de musique et de danses, et le samedi précédent défile la parade d'Is coccoisi, avec les pains votifs. Le saint est aussi fêté le 1er août, avec une autre procession, et le 13 novembre, jour de la fête religieuse officielle. Les rites de la Semaine sainte sont très émouvants : le Vendredi saint, une procession de tradition catalane porte le Christ mort sur un catafalque doré, et le matin de Pâques, S'Incontru réunit le Christ ressuscité et la Vierge sur la place centrale.

Aux alentours

  • Calasetta : l'autre village de l'île, d'origine tabarquine (ligure), avec des plages claires et des ferries pour Carloforte, à environ 15 minutes.
  • Carloforte et l'île de San Pietro : bourg ligure-tabarquin, falaises et thon, accessible en ferry.
  • Tratalias : la cathédrale romane Santa Maria di Monserrato, ancien siège épiscopal du Sulcis, à environ 25 minutes.
  • Carbonia : ville fondée en 1938, avec le musée minier de la Grande Miniera di Serbariu, à environ 20 minutes.

Comment venir et quand partir

L'aéroport le plus proche est celui de Cagliari-Elmas, à environ une heure et demie de route ; depuis Cagliari, suivez la SS130 vers Iglesias puis les routes vers Carbonia et le Sulcis, ou la route côtière du sud-ouest. On entre dans l'île par l'isthme, sans ferry. Le port le plus proche pour les ferries du continent est Cagliari ; les ferries pour Carloforte partent de Calasetta et de Portovesme. La meilleure période va de mai à octobre : juin et septembre sont idéaux pour la mer, tandis que le printemps, avec la grande Sagra après Pâques, est parfait pour les traditions, l'archéologie et la nature.

Questions fréquentes

Faut-il prendre un ferry pour Sant'Antioco ?

Non : l'île est reliée à la Sardaigne par un isthme routier, vous y arrivez donc tranquillement en voiture. Le ferry ne sert qu'à continuer vers Carloforte.

Combien de jours faut-il pour Sant'Antioco ?

Une journée complète suffit pour les principaux sites archéologiques et musées ; avec trois ou quatre jours, ajoutez plages, sortie en bateau et visite de Calasetta et Carloforte.

Sant'Antioco est-elle adaptée aux familles ?

Oui : Maladroxia et la plage de l'Istmo ont des eaux peu profondes, la ville est calme, et le village souterrain comme les catacombes fascinent aussi les enfants.

Qu'est-ce que le byssus de Sant'Antioco ?

C'est un filament produit par la Pinna nobilis, un grand mollusque de Méditerranée ; travaillé à la main, il devient une étoffe dorée et précieuse. Sant'Antioco est l'un des derniers lieux où cet art est préservé, à découvrir au Museo del Bisso.

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